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VOUS POUVEZ PERDRE DU POIDS ULTRA-RAPIDEMENT. (Et je suis épuisé de prétendre le contraire.)

Lucas Ramirez 8 min de lecture
VOUS POUVEZ PERDRE DU POIDS ULTRA-RAPIDEMENT.  (Et je suis épuisé de prétendre le contraire.)

Oui, vous pouvez faire une perte de poids extrême, et j’en ai marre de nager contre des centaines de charlatans qui ne se gênent pas pour proposer ce service.

Plutôt que de vous dire : « C’EST PAS BIEN, FAUT PAS LE FAIRE »

Je vais vous expliquer exactement comment le faire, combien de temps ça va prendre, les conséquences que ça va engendrer, et vous serez vous-même assez adulte pour vous dire :

« Est-ce que ça vaut le coup ? »

Comment perdre du poids extrêmement rapidement ?

Pour une perte de poids classique, on regarde habituellement :

  • votre poids ;

  • votre taille ;

  • votre âge ;

  • votre activité ;

  • votre sexe...

Mais là, on s’en fiche, puisqu’on n’essaie pas de calculer un déficit entre 200 et 500 calories.

On veut s’affamer pour éliminer le plus vite possible.

Donc voilà la méthode : on oublie les paramètres, et on mange le moins possible.

(Mort de rire, la “méthode”... bref)

Donc, pour résumer, voilà l’entube... euh la méthode :

  • Déficit calorique énorme.

  • Le plus de marche possible.

  • Le plus de cardio possible.

  • Le moins de nourriture possible.

Juste assez pour continuer à respirer.

Le but, c’est de fondre, à tout prix, peu importe les conséquences.

PS : C’est là que vous allez vous rendre compte que le « métabolisme bloqué », c’est un mythe d’ailleurs.

Quand on crève de faim, le corps est bien obligé de puiser dans ses réserves pour vous maintenir en vie. Et oui, ça inclut évidemment vos réserves de graisse.

Les premières semaines : la balance explose

Les deux premières semaines...

La balance explose.

Vous tapez du -4, -7, -8 kilos.

Et vous pensez que ça marche incroyablement bien.

Sauf qu'en réalité, tout ce poids perdu n’est évidemment pas du gras. Une grosse partie de cette chute initiale vient de l’eau.

Quand on coupe brutalement les calories et les glucides, le corps vide une partie de ses réserves de glycogène. Et avec ce glycogène... Il évacue énormément d'eau.

Les premiers kilos perdus peuvent donc être en grande partie de la flotte.

Exactement comme moi qui sors d’une tourista explosive : j’ai perdu 3 kg en trois jours. Vous pensez que j’avais réellement perdu 3 kg de graisse ? Non non, c’était bien de l’eau.

Physiquement, vous commencez quand même à vous sentir complètement éclaté.

Pas d'énergie. Toujours faim. Mais vous tenez : la motivation est encore là, et la balance descend.

Puis la perte ralentit.

« Oh non mon métabolisme est cassé » -

TAISEZ-VOUS, IGNARES.

La fonte ralentit notamment parce que la grosse perte de flotte du départ est terminée, pas parce que votre corps cesse soudainement de fonctionner.

Vous continuez malgré tout à perdre du poids : normal, puisque votre déficit est complètement délirant.

Puis votre corps commence à paniquer

C’est d’ailleurs vers ce moment qu’il y a un tournant :

Votre corps commence à paniquer.

Il comprend une chose :

« On est en train de mourir de faim. »

Les hormones partent dans tous les sens. Non, pas des hormones magiques qui bloquent votre métabolisme (arrêtez un peu avec ça).

Les signaux qui régulent la faim et la satiété commencent à sérieusement vous pousser à manger : vous avez de plus en plus faim, de plus en plus souvent.

Et surtout... il devient beaucoup plus difficile d’être rassasié.

Pour résumer : votre corps vous pousse à manger davantage, alors que vous, vous lui donnez beaucoup moins que d'habitude.

Et plus la restriction se prolonge, plus cette bataille peut devenir violente.

Sauf que le but c’est de sécher : donc vous faites un gros doigt d’honneur à votre corps pour lui dire « laisse, je gère. »

Sauf que votre corps ne raisonne pas, il réagit, signale, et si besoin, vous secoue à l’extrême.

C’est justement ça qui rend les grosses restrictions aussi dangereuses.

La faim peut vous pousser très loin.

Les bodybuilders en fin de prépa racontent parfois avoir eu envie de manger des trucs qu’ils n’auraient jamais envisagé de toucher en temps normal, tellement la faim était intense.

Et dans des situations de famine extrême, l’être humain peut aller à des extrêmes inimaginables.

Vous n’en êtes pas là bien sûr, et il y a de grandes chances que vous craquiez sur un paquet d’Oreos bien avant d’en arriver à ce stade.

Mais admettons seulement que vous arriviez à tenir encore, après avoir perdu 25, 35, 45 kilos en un temps record.

Vous avez perdu énormément de poids. Maintenant commence le vrai problème.

À la fin des quelques semaines : la balance est magnifique, tout le monde vous félicite : vous êtes méconnaissable.

Mais à l'intérieur... Tout est en train de partir en vrille.

Vous êtes complètement flingué : hormonalement, mentalement, physiquement, y’a plus un boulon qui tient.

Et surtout, le chemin ne fait que commencer.

Maintenant y’a « l’après ».

Parce que ce que je vous ai pas dit aussi, c’est que perdre du poids aussi vite, et de manière aussi agressive, peut engendrer une perte importante de masse musculaire. Si vous n’êtes déjà pas un monstre musculaire à la base, croyez-moi, c’est catastrophique.

« Ouais mais je m’en fous du muscle moi »

Quand vous me répondez ça, j’ai envie de vous faire un supplex comme dans Resident Evil 4.

Après ce post, je vous interdis de penser que le muscle ça sert à faire joli.

C’est ce qui fait que vous arriverez à vous lever du trône après avoir fait la grosse commission quand vous aurez + de 70 ans.

« Vous vous en foutez, vous êtes jeune ? »

Alors sachez que le muscle participe aussi à votre dépense énergétique. En perdre signifie généralement que votre corps dépense un peu moins d'énergie qu'avant.

Et quand votre objectif derrière est de maintenir votre nouveau poids pendant les prochaines décennies, perdre inutilement une grosse quantité de muscle n'est clairement pas le meilleur départ.

D’ailleurs, c’est ce qui fait que la suite de votre cauchemar va aller en s’aggravant.

Parce que vous avez perdu un max de gras en quelques semaines, c’est cool, mais maintenant on va parler des 45 prochaines années où vous allez devoir maintenir ce poids.

Et là on va se marrer.

Enfin… pas tellement.

Le véritable problème : maintenir votre perte de poids

Vous partez donc avec un nouveau socle de base catastrophique.

  1. Vous n'avez toujours pas appris à manger normalement. Le peu de compréhension que vous aviez de la nutrition est anéanti.

  2. Votre corps sort d'une restriction massive. Vos signaux de faim et de satiété peuvent être complètement perturbés, et votre organisme vous pousse beaucoup plus fortement à manger.

  3. Vous avez perdu du poids, mais aussi une partie de votre masse musculaire, et vos dépenses énergétiques ont diminué. Votre corps est plus léger, vous dépensez moins qu'avant, et maintenir ce nouveau poids ne se fera donc pas avec les mêmes apports qu'au départ.

En gros, vous repartez à zéro... mais en pire.

C’est là que vous recommencez enfin à manger.

À l’aveugle, parce que vous ne connaissez pas votre maintenance, et vous sortez d’une période traumatique physiologiquement.

Vous ne faites pas un petit écart, vous explosez complètement.

Parce qu'à ce stade, ce n'est plus simplement une question de volonté.

Votre organisme sort d'une restriction massive et vous pousse puissamment à manger. Physiologiquement comme psychologiquement, vous contrôler peut devenir extrêmement difficile.

Et de toute façon, vu que vous n’avez absolument rien appris à part vous restreindre, même si vous essayez de vous contrôler, vous ne savez PAS comment construire une alimentation :

  • rassasiante ;

  • en maintenance calorique ;

  • durable.

Donc, le risque de reprendre du gras devient énorme.

Et vous pouvez finir par reprendre une grosse partie de ce que vous aviez perdu, voire parfois davantage.

Parce que vous avez simultanément :

  • perdu du muscle ;

  • diminué vos dépenses ;

  • développé un rapport à la nourriture encore plus chaotique.

Et c'est exactement comme ça qu'on rentre dans l’effet yo-yo.

Chaque régime extrême peut rendre le suivant plus difficile.

Pas parce que votre métabolisme est « cassé ».

Mais parce que vous avez potentiellement perdu du muscle, vos dépenses ont diminué, votre organisme sort d'une restriction énorme, et votre relation avec la nourriture (et votre corps) s'est encore dégradée.

« MAIS ALORS, COMMENT ON FAIT ? »

Me criez-vous.

ET BIEN, on applique la méthode qui est criée, répétée, inlassablement, par les professionnels qui veulent vous aider, pas vous vendre une solution miracle.

Elle demande à être adaptée à chacun pour être réaliste, durable, efficace, et elle doit tenir compte de VOTRE spécificité (qu’elle soit hormonale, pathologique, alimentaire, etc.).

Mais cette méthode restera toujours fondée sur la même BASE.

La base que vous connaissez déjà, mais que tant de désinformation vous pousse à ignorer sans cesse, parce que c’est pas aussi sexy que promettre « -30 kg en 90 jours ».

LA MÉTHODE : LA VRAIE, PAS LA SOLUTION MIRACLE

  • Activité élevée et réaliste au quotidien.

  • Déficit calorique précis et adapté.

  • Sommeil réparateur.

  • Alcool inexistant (ou faible).

  • Légumes en bonne quantité.

  • Aliments bourrés de sucres raffinés et de graisses saturées occasionnels ou inexistants.

  • Sodas occasionnels ou inexistants.

  • Alimentation régulière, dans les horaires, dans la qualité, dans le plaisir.

Et peu importe ensuite ce qui module cette base (1, 3, 5, 7 repas...)

Votre corps n’en a strictement rien à faire de ce que vous croyez.

Et souvent, si votre corps ne fait pas ce que vous voulez, c’est que vous ne lui donnez pas ce dont il a besoin.

« Et mon cas spécifique alors ? »

Attendez, j’entends des cris dans la salle.

« Ça s’applique pareil aux DT1 ? Aux SOPK ? Aux résistants à l’insuline ? Et mon travail de bureau ? Et mon insuffisance rénale ?

Et les personnes handicapées ? Les hypothyroïdies ? Et c’est pareil pour les hommes et les femmes ? »

En gros :

« Et mon cas spécifique alors ? »

Je sais.

Vous pensez être dans l’angle mort.

Celui qui fait que vous, c’est différent, ou même impossible.

Réponse à la fin.

OUI, le principe reste le même. Si j’enfermais tous ces cas spécifiques dans une cage sans rien à manger pendant un mois, TOUS perdraient du poids.

Mais évidemment, CE N’EST PAS ÉGAL POUR TOUT LE MONDE.

La loterie pathologique et génétique ne nous dote pas tous des mêmes caractéristiques. On n’a pas tous le même boulot, la même vie. C’est justement pour ça qu’il faut adapter la méthode à chacun.

Mais la chose qui compte au bout de l’équation, c’est d’avoir une balance calorique négative puis en maintenance, avec à la fois :

  • une alimentation la plus saine et agréable possible ;

  • une activité physique la plus régulière possible ;

  • le plus de mouvement quotidien possible.

Et ça, pas pendant deux mois.

POUR TOUJOURS.

Vous avez donc réellement le choix

Mais au bout du compte, c’est à vous de choisir.

Soit vous prenez la méthode destructrice, le cercle vicieux, la solution miracle qui vous démolit petit à petit.

Soit vous acceptez que votre corps n’est pas censé être combattu, mais compris, et que les choses qui sont durables mettent du temps à être construites.

C’est pas facile pour tous, mais c’est possible pour tous.

Et ça commence par ne plus malmener son corps avec des méthodes extrêmes complètement foireuses.

Si justement vous voulez comprendre les bases d’une transformation physique sans tomber dans ce genre de méthodes extrêmes, j’ai regroupé tout ce qu’il faut pour commencer dans Le Guide du débutant.

Pas de promesse de perdre 30 kg en 90 jours. Le but est exactement l’inverse : comprendre ce que vous faites pour construire quelque chose que vous pourrez réellement garder.

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