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Pourquoi ils mangent tout ce qu'ils veulent sans grossir... et vous ne pouvez pas ? (C'est si injuste!)

Lucas Ramirez 8 min de lecture
Pourquoi ils mangent tout ce qu'ils veulent sans grossir... et vous ne pouvez pas ? (C'est si injuste!)

Allongé sur le canapé à rien faire, deux paquets de chips et des Oreos dans le gosier, soda à la main. Avec pas un gramme de graisse.

On a tous connu ce pote qui mange n’importe quoi, et qui ne grossit jamais.

Alors que nous, mortels, on regarde un carré de chocolat une seconde de trop et on prend 7 kilos sur la balance.

On va pas tourner autour du pot : c’est injuste. Parce que ça veut dire que dans ce monde, il y a des gens qui sont favorisés par la génétique, avec un métabolisme tellement rapide qu’il peut brûler des milliers de calories sans avoir à bouger.

Bon, maintenant qu’on a bien vidé toute notre frustration, on va se pencher sur ce qui explique de pareilles disparités entre les humains.

Déjà, les différences de métabolisme sont réelles d’un humain à un autre. Nous ne sommes pas biologiquement identiques, donc il est normal que nos corps ne se comportent pas exactement de la même manière.

Mais ces différences sont beaucoup plus faibles qu’on l’imagine.

D’ailleurs, si vous avez plutôt l’impression d’être de l’autre côté du problème, avec un métabolisme « lent » qui vous empêcherait de perdre du poids, j’ai consacré un article entier au mythe du métabolisme lent et à ce qui peut réellement expliquer vos difficultés à perdre du gras.

Il n’existe pas d’humain qui, à caractéristiques égales (c’est-à-dire même âge, sexe, taille, poids, taux de masse grasse, quantité de muscle…), brûle mystérieusement des milliers de calories supplémentaires chaque jour sans raison apparente.

Et il suffit de pousser cette idée extrême jusqu’au bout pour comprendre pourquoi.

Si cette personne avait réellement besoin de 5 000 calories par jour simplement pour maintenir son poids, alors 5 000 calories représenteraient approximativement sa dépense énergétique quotidienne.

Donc avec une alimentation « normale » à 2 500 calories, elle se retrouverait avec un déficit de 2 500 calories par jour.

Elle ne serait pas simplement « ce pote qui mange ce qu’il veut sans grossir » : elle serait en train de perdre du poids à une vitesse terrifiante. À terme, elle se retrouverait en sous-poids, avec tous les problèmes de santé qu’entraînerait un déficit énergétique aussi massif.

 

MAIS ALORS C’EST QUOI L’EXPLICATION ??

J’y arrive, calmez-vous, bande de scrolleurs avides.

Croyez bien déjà que si l’industrie de la perte de poids avait découvert un moyen de permettre aux gens de se gaver sans cesse sans grossir, ça serait la dernière pilule à la mode. Mais ça existe pas encore.

Parce qu’Ozempic et compagnie dans des contextes de perte de gras, c’est notamment un effet coupe-faim qui mène au déficit, pas une annihilation des calories surconsommées.

Mais alors, comment expliquer ces phénomènes qui semblent ne jamais grossir malgré une diète hypercalorique (et parfois même très axée sur la malbouffe) ?

Déjà, il faut clarifier l’importance de l’environnement dans lequel cette personne se trouve, c’est-à-dire quel contexte physiologique, hormonal, professionnel, sportif, alimentaire, culturel…

Vous avez peut-être vu cette personne souvent allongée dans une mare de bonbons et de sodas, mais avez-vous également vu :

  • Le nombre de pas qu’elle fait chaque jour ?
  • Un déroulé de sa journée de travail ?
  • Une idée de son intensité dans la pratique sportive ?
  • Et surtout… avez-vous compté ses calories pendant des semaines ?

C’est LE PLUS GROS BIAIS de toute cette histoire.

D’avoir une analyse déterministe et définitive avec seulement une infime portion de l’équation, et surtout, saupoudrée de VOTRE propre perception, qui je suis désolé… est très subjective.

La majorité des gens sous-estime encore ce que trois ou quatre détails d’une journée peuvent changer en termes de calories.

Imaginons que je retire le lait dans mes cafés matinaux, que je marche en téléphonant aux 5 clients du jour, et que j’échange mes biscuits avec une pomme, juste avec ça, je peux avoir enlevé des centaines de calories à ma journée… et sans même m’en apercevoir.

Quand vous regardez quelqu’un se goinfrer, votre cerveau remplit les blancs pour rationaliser la situation, et se dit « cette personne mange comme ça tout le temps, elle ne bouge pas et ne prend pas de gras »… et ça devient votre réalité.

Mais la vérité, c’est que vous ne SAVEZ PAS combien cette personne mange le reste de la journée… ou le reste de la semaine.

Vous ne savez pas les 70 % d’informations restantes pour établir un jugement, et la seule manière de rendre ça cohérent, c’est de dire qu’il y a des disparités de métabolisme. Voilà, c’est biologiquement incohérent, mais ça explique ma croyance mal informée.

C’est pas une critique. On est tous comme ça.

Le parfait exemple : un restau d’aéroport

Pour illustrer ça, je vais vous raconter un truc qui m’est arrivé récemment dans un restau d’aéroport.

Je commande mon plat de poulet/riz/légumes avec une eau pétillante, et à côté de moi s’assoit une femme, avec très peu de graisse corporelle. Et à sa table arrive un coca, un burger, et des frites.

L’analyse immédiate : c'est fou, y’en a qui peuvent bouffer ce qu’ils veulent, et ils prennent pas un gramme… la preuve.

Sauf que mon vol est dans deux heures : j’ai le temps de voir cette femme manger d’un air absent.

Une frite, un croc dans le burger. Une gorgée de coca. Une autre frite, puis une autre… et elle s’adosse contre la chaise en poussant un soupir qui veut dire « j’ai bien mangé. »

Puis elle commande un café, se lève, et s’en va. Après avoir laissé 80 % de son repas sur la table.

Si je m’étais levé avant qu’elle finisse, je serais resté avec cette analyse erronée : moi je galère à sécher avec du poulet riz légumes, et elle s’envoie burger coca frites en restant super fine. C’est injuste.

Oui, c’est injuste… mais c’est surtout pas vrai.

Ceux qui « mangent tout ce qu’ils veulent » y croient aussi

Et ça m’amène à l’analyse qui cimente ce mythe, et qui le rend si difficile à débunker, même malgré la logique biologique.

Les gens qui semblent être des phénomènes inexplicables sont les premiers à croire ce mensonge.

Ils ne mentent pas consciemment, au contraire, ils ont le même problème que vous : leur perception biaise complètement la réalité.

Car ces gens sont justement ceux qui martèlent :

« Je galère à prendre du poids. »

« Je mange ce que je veux sans grossir. »

« Je mange jusqu’à avoir envie de vomir. Je perds quand même du poids. »

Les gens qui n’arrivent pas à grossir sont persuadés qu’ils peuvent manger des quantités titanesques parce que c’est exactement ça leur ressenti.

Imaginez-vous manger le plus possible et avoir mal au ventre, envie de vomir, répéter ça chaque jour, et quand même maigrir.

De la même manière que c’est difficile pour vous de rationaliser que vous mangez peut-être trop, c’est difficile pour eux de rationaliser qu’ils ne mangent peut-être pas assez.

C’est d’ailleurs ce fossé qui a créé le débat « est-ce que c’est plus dur de grossir, ou de maigrir ? » et que la réponse ne sera jamais découverte, puisqu’elle est fondamentalement subjective.

Et cette disparité alimente le mythe.

Aucune de ces affirmations n’est fausse, hein. Il y a des gens qui ont des signaux de faim tellement faibles qu’atteindre les apports nécessaires au maintien de leur poids peut déjà leur demander de se forcer à manger au-delà de leur appétit spontané.

Leur perception de la faim n’est simplement pas du tout alignée avec leurs besoins. Peut-être que ça semble délirant, mais mettez la situation à l’envers :

Combien de gens disent « je peux manger, manger, manger sans m’arrêter, et ne jamais sentir la satiété. » Eux non plus ne sont pas du tout alignés avec leurs besoins réels, sinon ils s’arrêteraient spontanément.

C’est le même principe, mais dans l’autre sens.

Manger « mal » ne veut pas dire manger beaucoup

Pour revenir à notre postulat de départ :

Un paquet de chips et deux paquets d’Oreos, ça donne l’impression que la personne mange beaucoup et mal, mais si elle ne mange que ça : c’est quand même peu.

Si quelqu’un mange un énorme menu McDo, c’est facile de se dire « mais comment il fait », sans savoir qu’il n’y a peut-être pas de repas avant et après, ou peut-être que le reste de la semaine est carrément light.

Je vous rappelle quand même que des gens sont tellement peu conscients de leur faim qu’ils en oublient de manger.

Ils peuvent dégommer une pâtisserie, un hamburger, puis oublier de manger, et hop, le résumé c’est « je mange des dingueries, mais je grossis pas. »

Oui, car manger des dingueries ne veut pas dire manger en surplus calorique.

Une dernière réflexion

Je veux finir ce post sur une réflexion.

Je comprends l’attrait pour les croyances du genre « métabolisme rapide », on aimerait bien pouvoir justifier l’injustice, on aimerait pouvoir dire que « certains ont de la chance, c’est tout ».

Et bien qu’il existe des disparités, cette façon de réfléchir est malheureusement improductive, parce qu’elle se concentre sur les efforts que certains n’ont pas à faire, plutôt que sur les efforts qui peuvent être faits.

L’herbe semble toujours plus verte ailleurs.

Alors si vous devez vraiment vous comparer, et zyeuter le gazon du voisin, faites-le intelligemment, pas d’une perspective irrationnelle et simpliste.

Posez-vous la question du comment, du pourquoi, pas juste du « lui c’est vert et moi non ».

Si quelqu’un semble être un ovni à pouvoir manger tout et n’importe quoi sans grossir, ne décrétez pas juste que c’est une anomalie chanceuse.

À moins d’avoir ses repas détaillés sur des semaines et des semaines, partez plutôt du principe qu’il y a sûrement une information que vous n’avez pas, plutôt qu’il s’agisse d’un phénomène inexplicable.

Parce que c’est franchement plus probable.

Et si plutôt que de chercher ce qui rend les autres différents, vous voulez vous concentrer sur ce que vous pouvez concrètement faire de votre côté, j’ai justement créé Le Guide du débutant pour vous permettre de démarrer votre transformation physique en autonomie, avec toutes les bases dont vous avez besoin pour savoir quoi faire et pourquoi vous le faites.

 

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